
Les Nommées entrent dans la salle. Dans moins de deux heures,
les 25 femmes sauront qui, dans leur catégorie, a remporté la
Khmissa. Toutes ne vivent pas ce moment-là de la même façon.
Se mettre en compétition alors qu’onœuvre dans l’humanitaire
et dans l’action sociale ou qu’on est une grande artiste déjà
confirmée ne va pas de soi. Chaque année révèle des comportements
émotionnels qui donne la mesure de ce que représente à
la fois la Khmissa et concourir en espérant la consécration du
vote public. Ne pas remporter la Khmissa peut être vécu pour
certaines comme une sanction inavouée du public. Pour toutes
celles, plus sensibles que d’autres, celles qu’on a même vu pleurer
les années précédentes, on voudrait leur témoigner notre
admiration pour leur nomination et leur participation. Il n’est
pas facile de s’exposer et de mettre l’action qu’on défend et pour
laquelle on se bat au quotidien en compétition.
Les invités des différents partenaires de la Khmissa Lesieur
Cristal, présentés par Citadine et 2M, sont là. De nouveaux se
sont joints cette année, notamment le Crédit du Maroc, Nestlé
Cérélac et Renault Maroc.
Ouverture hollywoodienne de la Cérémonie Officielle déclinée
dans les costumes jaune et noir. Clin d’œil aux années 40 avec
paillettes et scintillements, danse et musique, ce sont les « Folies
de Marrakech », premier spectacle de Musical marocain et africain.
La troupe qui aurait mérité un accueil plus chaleureux du
public est formée de jeunes marocains, acrobates, danseurs et
chanteurs. Le ton est joyeux. La cérémonie se doit d’être une
fête avant tout. Mais la joie n’exclut pas la gravité. Un hommage
est rendu à la star trop tôt disparue après un douloureux combat
contre le cancer, la très aimée Rajae Belemlih qui avait été
la grande invitée de la Khmissa 2007. Pour commémorer l’une
des plus belles voix de la chanson marocaine, la passionnée
d’Oum Keltoum et d’Asmahane, qui fut aussi star au Caire où
elle alla s’installer au début des années 90, et enfin qui fut aussi
ambassadrice de l’Unicef depuis 2000, une autre diva, la grande
cantatrice Barbara Hendricks, ambassadrice honoraire à vie de
l’UNHCR. À capella, la soprano sur fond d’images de la regrettée
Rajae, chante « We shall overcome somedays ». La grande
invitée de la Khmissa 2008 salue le courage de toutes les
femmes qui luttent et souffrent de l’injustice dans le monde et
qui contribuent à l’édification d’une société meilleure.

Deux
jeunes animateurs annoncent les candidats de la première catégorie
: « Jeune Entreprise » avec Nadia Mabrouk, Hanane
Roudani, Idrissi Alami Ibtissam, Imane Barhmi, et Kahlaoui.
C’est une femme d’entreprise et qui en tant que telle sait quels
risques prend chaque femme pour concrétiser un projet, Saïda
Karim Lamrani qui remet le prix à la jeune Imane Barhmi pour
son projet d’Eco-gîte à Tissoryne « Git’ana » dans l’Oriental.
Imane est architecte de formation et chef de projet dans un
cabinet d’études à Rabat. Suivront entre les chansons de Naïma
Samir qui marqua les années 80 et 90 de la chanson marocaine,
les acrobaties ou danses des Folies, la participation du groupe
Fnaire, de Vanessa au violon, du sketch de Khadija Assad qui
dérida enfin la salle, les autres catégories. « Administration et
Service public » avec Lamyea El Ismaili, Touria Cherki, Naïma
Ben Yahia, Nadia Maraki, Hind Jalal. Nadia Laraki, directeur de
la marine marchande au Minitère de l’Equipement et du transport
remporte la Khmissa dans sa catégorie. Elle lui fut remise
par Leïla Oumchi. Dans la catégorie « Sport » qui mit en avant
autant l’action de femmes fondatrices de club ou de fédération
que des sportives championnes dans leurs disciplines respectives,
le public put applaudir, remis par le grand sportif
Mustapha Haddaoui la Khmissa 2008 de Selma Bennani, fondatrice
et présidente de la Fédération Royale Marocaine des
Sports, Aérobic et Fitness, sur ses partenaires Samira Zaouli,
Souad Rochdi, Didi Touda, Fatima Zahra El Allami. Plus partenaires
que concurrentes. N’œuvrent-elles pas toutes pour un
même objectif, la place et la pratique du sport au Maroc. Dans
l’humanitaire, c’est la cause pour la lutte contre le Sida qui a
remporté dans la personne de Nadia Bezad, vice-présidente
d’OPALS Internationale. Khadigea Assad fut invitée à lui
remettre la Khmissa. A côté d’elles, d’autres combats incarnés
par d’autres femmes, Amina Balafrej, Zineb Doulfikar, Hassania
Kanoubi et Najat Anwar El Boukari. Enfin dans la catégorie culture
avec cette année une célébration du chant du terroir et du
patrimoine, les chanteuses Rhoum El Bekkali, Cherifa Kersit,
Saïda Charaf, Touria Hadraoui, Ihsan Rmiki. « Entre les cinq
mon cœur balance » pourrait chanter le public. Saïda Charaf,
absente ce jour là car en concert dans le Sud du Maroc, remporta
la Khmissa 2008. Elle manqua la remise de son prix par
Barbara Hendricks. |