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Acte 3
Bruits et chuchotements….
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Est ce la rumeur qui fait naître le mécontentement ou la déception
et le mécontentement qui nourrissent les rumeurs? Toujours estil
qu’à peine les Khmissa ont-elles été remises aux nommées
gagnantes que les rumeurs allaient bon train. L’accueil de la victoire
de Saïda Charaf jeta un froid. On entendit dire « C’est une décision
politique! Et que fait-elle dans la sélection? Elle est connue
non pour ses chansons en dialecte hassani mais pour son répertoire
oriental ! » puis « Saïda est un produit 2M et 2M a été déloyal
dans la représentation des nommées. Saïda a été favorisée par la
capsule. Et elle était plus présente à 2M que les autres nommées
»… « Les capsules sont trop brèves! Elles sont mieux faites
pour certaines que pour d’autres! »…
Khmissa en est à sa onzième année mais elle connut 3 années d’interruption
dues aux difficultés financières du montage de l’événement.
Ces dernières années, grâce à l’intérêt et à la confiance de
certains partenaires, dont Lesieur Cristal et 2M, l’événement a pu
avoir lieu avec régularité et surtout, par la diffusion des capsules
et la retransmission télévisuelle prendre un impact national touchant
toutes les couches de la société. 2M diffuse le portrait des 25
Nominées. Les cinq chanteuses retenues par le comité d’éthique
donnent une visibilité à la richesse et à la diversité du patrimoine
musicale et chanté, des styles sont représentés, des régions, des
voix, des personnalités. Mais 2M n’est pas le seul vecteur de transmission
de l’information. Pendant quelques semaines, les portraits
des candidates figurent dans le magazine Citadine et sont annoncés
dans des quotidiens. Peut-être y a t il eu un vainqueur mais les
victoires n’ont elles pas déjà été remportées ailleurs sur la scène,
face au public? Touria Hadraoui ne symbolise t’elle pas le Malhoun
à travers une voix féminine? Cherifa Kersit n’a t-elle pas conquis
depuis bien longtemps le public au Maroc comme en France?
Ihsan Rmiki et Rhoum El Bekkali n’ont-elles pas aussi une renommée
qui a dépassé les frontières? Ne symbolisent-elles pas aussi
un chant particulier, l’une le chant soufi et l’autre le chant araboandalou?
Chacune des cinq étant aussi talentueuse que l’autre, la
victoire d’une seule ne peut sembler qu’injuste. Mais il n’est pas de
compétition où il n’est un vainqueur et des perdants.
« Qui retient les nommées? Quelle est la participation de Citadine
dans la sélection? Ne craignez-vous pas pour votre crédibilité? »
s’entend-t-on demander non sans suspicion ou vague désapprobation.
L’équipe de Citadine propose des dossiers de candidates à partir
des reportages effectués par les journalistes tout au long de l’année,
par des enquêtes et par des candidatures reçues spontanément
par des personnes désireuses de participer à la Khmissa. Les
informations sont vérifiées par des réseaux d’information existant
dans les différentes villes et régions. L’équipe Citadine ne fait que
proposer un nombre conséquent de candidates qu’elle soumet à un
comité d’éthique –constitué cette année d’une femme, Jamila
Bouayad et de 4 hommes, Moulay Ahmed Iraqi, Abdellah Stouki,
Mohamed Berrada et Belkacem Boutayeb- chargé bénévolement
d’étudier les propositions et de faire un choix. Cette année,
Khmissa 2008 a voulu faire intervenir la participation d’un jury
Media dans la sélection sachant que les journalistes sont ceux qui
sont censés être le plus au fait des actions des femmes tout au long
de l’année. Pour une représentativité de la diversité de la presse,
des journalistes de différents supports ont été invités à procéder à
une première classification. L’équipe Citadine n’intervient en
aucune façon dans le choix des autres journalistes et dans celui du
comité d’éthique.
« Et pourquoi ne donne t-on pas le nombre de voix que chacune
remporte? Certaines personnes trouvent cela suspect? ».
Mme Guennoun, notaire à Casablanca (photo ci-dessus) est chargée
chaque année de veiller au bon déroulement du vote et d’effectuer
le décompte des voix. Khmissa étant un vote public, l’équipe
organisatrice, en accord avec ses partenaires, préfère par souci
d’éviter des déceptions plus amères parfois, de ne pas mentionner
les chiffres. Mais Chaque candidate peut connaître son score. La
discrétion sur les chiffres a permis aussi de ne pas mentionner l’attitude
peu « sportive » de personnes n’ayant pas tout à fait respecté
les règles de déontologie du vote…
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